dense et flexible ces voilures,
Mélange de fumée de l'ouïe palpé,
A la fresque, ristourne de l'encablure,
Mésange aux poulpes embullés.
Mon sang se fige dans la voltige,
Immobile mouvement sur sa longue tige.
La jambe grimpe sur la toiture
Du songe cambré, écoulement pur.
L'indexe trapèze d'un cirque enfoui
Balance ses aise dans mes frisbee.
Je vois le "B" de mes Bambous,
Me dire "laisse venir le "D" de ton dandy,
Qui dort dans le "V" de ta longue verve".
Le "X" en rythme m'exaspère,
Je lui dis "ta croix, je l'a réserve,
Pour le xylophone de la mer.
Je sens chaque lettres de mes vers
Parcourir mon corps et mes nerfs;
Ma guerre enfouie ici s'éveille.
Je sort fusils, bombe qui veille,
Au canon mine d'une encre fine,
La poésie sera mon crime.
En face à face, la coutume
Me met en joue de son amertume;
Dans la tranchée de ma sensibilité,
Je sais que pour elle c'est un leurre né.
Coutume amorphe, tu va comprendre,
Que tes poignards je sais les fendre;
Tu aura bau me lacéré,
D'un coup de plume, tu sera tuer.
Avec moi, heureux sont les fêlés,
Car ils laissent passer la lumière,
Pour la victoire d'une douloureuse et douce guerre.
Alors toi, qui tente de couper nos ailes,
Ton combat est vain dans ce suaire.
Reste donc un peu dense coutume,
Histoire de rire de l'ombre pathétique,
Que tu crée à chaque tic,
Et que tu inflige à tes troupeaux,
Ces moutons aveugles du renouveau.
L'armée de singes que nous sommes,
Chercheurs artistes aux réponses,
De quelques hommes,
Nous reviendrons sans doute vaincoeur,
Sans trop le savoir à chaque réponse.
Dans la maquis, entre deux ronces,
De nouvelles questions apparaitrons
Pour démêler les salves de l'abandon,
Et nous faire chercheur, trouveur d'horizon.
Trente ans, cent ans, ce que l'on dévore,
C'est la vie centrée, ombre et lumière.
Entre les mouvements du visible,
Nous trouvons parfois cette vérité,
Du tangible dans l'invisible,
Et du visible dans l'intangible,
Que la vie toilée nous a donnée.